La cession d'une entreprise transmet son activité à un repreneur, contre un prix. Elle intervient lors d'un départ à la retraite, d'une réorientation ou d'une offre inattendue. Cette page aide les cédants et les repreneurs à comprendre les grandes étapes et les pièges d'une telle opération.
Deux méthodes de cession
En Belgique, une cession prend deux formes principales. Chacune entraîne des effets juridiques et fiscaux très différents.
- Le share deal : le repreneur achète les actions de la société.
- L'asset deal : le repreneur achète certains actifs, comme le matériel, la clientèle ou une marque.
Dans un share deal, la société reste la même. Elle conserve ses contrats, ses autorisations, mais aussi ses dettes cachées. Dans un asset deal, le repreneur choisit ce qu'il reprend. En revanche, chaque contrat doit alors passer au repreneur, souvent avec l'accord du cocontractant.
La fiscalité diffère aussi fortement, pour le vendeur comme pour l'acheteur. Faites donc chiffrer les deux options avant de négocier. Le SPF Finances publie les règles fiscales applicables.
Les étapes clés d'une cession
Une cession se prépare souvent des mois à l'avance. Voici le déroulement habituel.
1Préparer l'entreprise et estimer sa valeur.
2Signer une lettre d'intention avec un repreneur sérieux.
3Laisser le repreneur mener son audit, la due diligence.
4Négocier la convention de cession et ses garanties.
5Signer, payer le prix et organiser la transition.
Pour la valorisation, plusieurs méthodes coexistent. Certaines partent de l'actif net, d'autres des bénéfices futurs. Notre article sur la cession ou la vente d'une entreprise détaille chaque étape.
Le calendrier dépend aussi de la taille de l'entreprise. Une petite affaire change parfois de main en quelques mois. Une société avec plusieurs sites ou des salariés demande souvent davantage de temps. Prévoyez surtout une période de transition : le cédant présente le repreneur aux clients et transmet son savoir-faire.
Points de vigilance
Plusieurs sujets pèsent directement sur le prix. D'abord, des comptes annuels clairs rassurent le repreneur. Ensuite, les contrats clés doivent rester transférables. Vérifiez les clauses de changement de contrôle chez vos clients et fournisseurs. Consultez à ce sujet les contrats commerciaux essentiels.
Par ailleurs, les travailleurs suivent en principe l'entreprise transférée. Leurs droits restent protégés par une convention collective de travail. Enfin, la convention de cession prévoit souvent une garantie de passif. Le cédant répond alors de dettes antérieures découvertes après la vente.
Préparer la cession en amont
Une cession réussie commence bien avant la vente. Entre associés, un pacte d'actionnaires organise déjà les sorties grâce aux clauses de préemption ou d'entraînement. Un rapprochement avec une autre société reste aussi possible. Dans ce cas, découvrez la procédure de fusion.
Si aucun repreneur ne se présente, la fermeture volontaire reste une option. Voyez alors la dissolution et la liquidation. Dans tous les cas, entourez-vous tôt d'un comptable et d'un avocat. Une cession préparée se négocie toujours dans de meilleures conditions.