AccueilBlogVente d'entreprise en Belgique : étapes, prix et fiscalité
Retour au blog
Clôture d'entreprise

Vente d'entreprise en Belgique : étapes, prix et fiscalité

Réussir la vente de son entreprise suppose de choisir entre share deal et asset deal, puis de fixer un prix défendable. Voici les étapes, la due diligence, la convention et les points fiscaux à vérifier.

15 mars 20264 min de lecture
Partager :
Vente d'entreprise en Belgique : étapes, prix et fiscalité
Photo : Radission US sur Unsplash

Préparer la vente longtemps à l'avance

Une vente réussie commence bien avant le premier acheteur. Un repreneur paie pour un bénéfice récurrent et transmissible. Tout ce qui fragilise ce bénéfice fait baisser le prix. Commencez donc par assainir l'entreprise.

  • Sortez du bilan les actifs sans lien avec l'activité.
  • Documentez les contrats clés et la propriété intellectuelle.
  • Réduisez la dépendance envers le dirigeant et quelques gros clients.
  • Mettez à jour vos comptes et votre prévisionnel.

Ce travail rend aussi la due diligence plus rapide. Il limite enfin les garanties que l'acheteur réclamera.

Share deal ou asset deal : deux manières de vendre

Le choix de structure conditionne tout le reste de la vente.

Le share deal : céder les actions

L'acheteur reprend les actions de la société. Celle-ci conserve sa personnalité juridique, ses contrats, ses licences et ses dettes.

  • Atout : la continuité, sans transfert contrat par contrat.
  • Limite : l'acheteur hérite aussi des dettes cachées.

L'acheteur exige donc des garanties de passif solides. Un pacte d'actionnaires existant peut aussi imposer une préemption ou un agrément avant la vente.

L'asset deal : céder des actifs

L'acheteur choisit ce qu'il reprend : fonds de commerce, matériel, stock, marques ou contrats. La société qui cède subsiste avec le reste.

  • Atout : l'acheteur évite en principe les dettes cachées.
  • Limite : chaque contrat demande en général l'accord du cocontractant.

Les travailleurs liés à l'activité cédée suivent en principe l'entreprise, selon la CCT n° 32bis. Demandez aussi les attestations fiscales et sociales prévues par la loi. Sans elles, le repreneur peut devoir répondre de certaines dettes du cédant.

Fixer un prix de vente défendable

Trois méthodes d'évaluation dominent.

  • La méthode patrimoniale : l'actif net réévalué.
  • La méthode des multiples : un multiple de l'EBITDA, qui varie selon le secteur et la taille.
  • La méthode DCF : l'actualisation des flux de trésorerie futurs.

En pratique, l'évaluateur croise ces approches. Prenons un exemple purement illustratif. Une société dégage 200.000 € d'EBITDA et les parties retiennent un multiple de 5. La valeur d'entreprise atteint alors 1.000.000 €. On déduit ensuite la dette nette pour obtenir le prix des actions.

L'acheteur retiendra toujours l'hypothèse la plus prudente. Un prévisionnel financier crédible soutient donc votre prix de vente.

Les cinq étapes de la vente

Chaque étape protège l'une des deux parties.

1. Confidentialité et premiers contacts

Avant de partager le moindre chiffre, faites signer un accord de confidentialité. Filtrez aussi les candidats qui cherchent surtout à observer un concurrent.

2. Lettre d'intention

Elle fixe le prix indicatif, la structure, le calendrier et une période d'exclusivité. En principe, elle n'oblige pas à conclure la vente. Les clauses d'exclusivité et de confidentialité lient toutefois les parties.

3. Due diligence

L'acheteur audite la société sous plusieurs angles.

  • Financier : comptes, trésorerie, dettes, engagements hors bilan.
  • Juridique : contrats, litiges, propriété intellectuelle.
  • Fiscal : risques de redressement.
  • Social : contrats de travail et litiges en cours.

4. Convention de cession

Ce contrat central précise plusieurs points.

  • Le prix et ses modalités, avec parfois un complément de prix lié aux résultats futurs.
  • Les déclarations et garanties du vendeur.
  • La clause de non-concurrence, limitée dans le temps et dans l'espace.
  • Les conditions suspensives, comme l'obtention du financement.

5. Closing

Le closing réalise la vente : transfert des actions ou des actifs, paiement du prix et remise des documents. Viennent ensuite les formalités, comme la mise à jour du registre des actionnaires ou de la BCE.

Fiscalité de la vente

Le traitement fiscal dépend du profil du vendeur.

Vendeur personne physique

L'imposition d'une plus-value sur actions dépend de votre situation et des règles applicables l'année de la vente. En asset deal, un indépendant qui cesse son activité peut aussi supporter un impôt sur ses plus-values. Faites donc valider le calcul avant de signer.

Vendeur société

En share deal, la plus-value sur actions peut échapper à l'impôt si la société remplit les conditions du régime RDT. Notre guide sur la fiscalité des dividendes détaille ces conditions. En asset deal, la plus-value entre dans le bénéfice imposable à l'impôt des sociétés.

Côté TVA, la cession d'une universalité ou d'une branche d'activité échappe en principe à la taxe.

Les erreurs qui font échouer une vente

Voici les erreurs que nous voyons le plus souvent.

  • Négocier le prix avant de choisir la structure.
  • Ouvrir la data room sans accord de confidentialité.
  • Sous-estimer les garanties de passif réclamées.
  • Oublier les clauses de changement de contrôle dans les contrats clés.
  • Laisser la trésorerie se dégrader pendant la négociation.

Si la vente n'aboutit pas

D'autres options existent. Un associé peut reprendre les titres, éventuellement via un rachat d'actions propres. Un groupe peut préférer une fusion-absorption. Enfin, la dissolution et liquidation permet de fermer proprement. Avec Juristelo, vous simulez chaque scénario et vous abordez la négociation avec des chiffres solides.

Partager :

Passez à vos propres chiffres

Juristelo construit votre plan financier et votre business plan à partir de vos réponses. Vous obtenez un dossier prêt pour votre banque.

Découvrir les formules