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Création d'entreprise

Ouvrir un compte professionnel en Belgique : le guide pratique

Un compte professionnel sépare vos finances privées de celles de l'entreprise. Voici quand il devient obligatoire, les documents que la banque demande, les frais à comparer et les étapes pour l'ouvrir sans retard.

28 janvier 20264 min de lecture
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Ouvrir un compte professionnel en Belgique : le guide pratique
Photo : Towfiqu barbhuiya sur Unsplash

Faut-il un compte professionnel ?

Tout dépend de la forme de votre entreprise. Une SRL, une SA ou une SC possède la personnalité juridique, donc son propre patrimoine. Pour une SRL ou une SA, les apports en numéraire se déposent d'abord auprès d'une banque, au nom de la société en formation. Ensuite, la société fonctionne avec un compte professionnel à son nom, distinct de celui des fondateurs.

Pour une entreprise individuelle, la loi n'impose pas de séparer les comptes. Un compte professionnel reste pourtant fortement conseillé. Il simplifie la comptabilité, clarifie vos déclarations fiscales et facilite un éventuel contrôle. Surtout, il évite de mélanger une facture client avec vos courses du samedi.

Pour choisir entre ces deux formes, lisez notre comparatif entreprise individuelle ou société.

Le dépôt du capital, avant l'acte notarié

Pour une société, la banque intervient avant le notaire.

SRL : pas de capital minimum, mais des fonds suffisants

Depuis le Code des sociétés et des associations de 2019, la SRL n'exige plus de capital minimum. Les fondateurs doivent toutefois prévoir des capitaux propres de départ suffisants, justifiés dans un plan financier. Les apports en numéraire arrivent sur un compte spécial. La banque délivre alors une attestation, que vous remettez au notaire avant la signature de l'acte.

SA : 61.500 euros libérés dès la constitution

La SA garde un capital minimum de 61.500 euros. Les fondateurs libèrent ce minimum en totalité lors de la constitution. Là encore, les apports en numéraire passent par la banque avant la signature.

Les documents à préparer

Pour ouvrir un compte professionnel, la liste varie d'une banque à l'autre. Ces pièces reviennent pourtant presque toujours.

1La carte d'identité de chaque administrateur et de chaque fondateur.
2Les statuts de la société, en projet ou dans leur version définitive.
3Le numéro d'entreprise attribué par la BCE, si la société existe déjà.
4Le plan financier, pour une société en formation.
5Une preuve d'adresse du siège.
6Les informations sur les bénéficiaires effectifs, inscrites au registre UBO.

Si vous n'avez pas encore de numéro, suivez notre guide de l'inscription à la BCE. La banque procède aussi à une vérification d'identité approfondie, dite KYC, imposée par la lutte contre le blanchiment. Comptez quelques jours, parfois plusieurs semaines pour un dossier complexe. Pour le registre UBO, le site du SPF Finances détaille les obligations des sociétés.

Banque traditionnelle ou néobanque ?

Deux familles d'offres coexistent sur le marché belge.

  • BNP Paribas Fortis, KBC ou CBC, ING et Belfius proposent des formules complètes.
  • Qonto, Revolut Business, Wise Business ou Finom misent sur une ouverture en ligne.

Une banque traditionnelle apporte surtout le crédit, les garanties et un conseiller identifié. Une néobanque séduit plutôt par sa rapidité et son application. En revanche, elle ne propose pas toujours de crédit ni de dépôt de capital. Vérifiez donc ce point avant de choisir votre compte professionnel si vous créez une société.

Les frais d'un compte professionnel

Les tarifs changent souvent : les montants ci-dessous restent indicatifs.

  • Gestion mensuelle : de 0 euro chez certaines néobanques à 15 ou 30 euros dans une banque traditionnelle.
  • Virements SEPA : souvent gratuits, parfois facturés quelques centimes.
  • Carte de paiement : de 0 à environ 50 euros par an.
  • Terminal de paiement : abonnement mensuel, plus une commission par transaction.

Comparez le coût total d'un compte professionnel sur un an, selon votre usage réel. Par exemple, un consultant payé par virement n'a pas les besoins d'un commerce. Une entreprise qui vend à des consommateurs doit d'ailleurs proposer au moins un moyen de paiement électronique.

Les étapes pour ouvrir un compte professionnel

Suivez cet ordre pour éviter les allers-retours.

1Comparez trois offres selon vos besoins réels.
2Préparez toutes les pièces avant le rendez-vous.
3Pour une société, demandez le compte spécial et l'attestation de dépôt.
4Signez l'acte chez le notaire : les fonds deviennent alors disponibles pour la société.
5Activez le compte professionnel définitif et reliez-le à votre logiciel comptable.

Les erreurs à éviter

Quelques erreurs retardent souvent l'ouverture d'un compte professionnel.

  • Payer des dépenses privées avec l'argent de la société.
  • Contacter la banque trop tard, quelques jours avant le rendez-vous chez le notaire.
  • Choisir une néobanque sans vérifier le dépôt de capital.
  • Oublier de mettre à jour le registre UBO après un changement d'actionnaires.

Et après l'ouverture ?

Une fois le compte professionnel actif, pensez à la suite. Indiquez son numéro sur vos factures et transmettez-le à vos clients. Activez aussi votre numéro de TVA si votre activité l'exige : notre guide de l'activation de la TVA détaille la démarche. Enfin, un bon expert-comptable relie souvent vos relevés bancaires à son logiciel. Pour les démarches générales de création, consultez le site du SPF Économie.

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